Le consentement

Avant de commencer, j’aimerais vous inviter à prendre un instant.

Comment comprenez-vous le consentement? Qu’est-ce que ce concept évoque chez vous?

Le consentement est un concept de sécurité d’engagement présent dans la vie de tous les jours. Que ce soit lorsqu’on va chez le médecin, qu’on signe des documents notariaux ou qu’on s’engage dans une thérapie, le consentement est nécessaire et fait partie des procédures pour obtenir les services. Le cadre est clair. Pourtant, il est encore mal compris lorsqu’on rentre dans la sexualité et les relations interpersonnelles. 

Permettez-moi donc de vous rafraîchir la mémoire. 

Pour qu’il soit valide, le consentement doit être libre, éclairé et enthousiaste. 

Libre réfère au principe qu’aucune force ou influence extérieure ne doit être exercée sur la prise de décision. Un consentement donné sous la menace, la manipulation, l’abus de pouvoir et la présence de conséquences (ex. changement de comportement et d’attitude, violence physique, verbale, sexuelle, financière, chantage et échange de faveurs, etc.) n’est pas un consentement libre. Le consentement libre est donné explicitement, en pleine conscience et capacité de ses moyens. 

Éclairé réfère au principe que toutes les informations nécessaires à la prise de décision doivent être divulguées et comprises. On veut savoir dans quoi on s’embarque. C’est de savoir combien de temps ça va durer, quels sont les comportements qui sont inclus, quelles sont les limites en place, comment l’aftercare va être exercé. Éclairé veut aussi dire d’être conscient.e des risques des comportements dans lesquels on s’engage (ex. transmission d’ITSS, grossesse, marques corporelles), avant de s’y attaquer.  

Enthousiaste réfère au principe que le consentement doit se vouloir comme un “fuck yes!”. On veut démontrer de l’enthousiasme face à l’activité dans laquelle on s’apprête à s’engager. Elle doit nous sembler alléchante, plaisante, excitante, apaisante, intéressante, d’une manière qui donne envie. C’est d’avoir envie d’y prendre part et de participer, de manière sincère et authentique. 

S’assurer et obtenir le consentement de toutes les parties impliquées est à faire à chaque fois. À chaque nouvelle occasion, le consentement doit être affirmé. Même si les quinze dernières fois étaient un “oui”, même si l’expérience a déjà été un succès, même s’il y a relation préexistante. D’ailleurs, le consentement peut être retiré à tout moment, comme chez le médecin.

Le consentement devient invalide du moment qu'une de ces trois composantes n’est pas respectée. 

On pense souvent qu’un bris de consentement ou qu’une agression sexuelle ressemble à ce qu’on voit dans les films. Quelqu’un qui va complètement à l’encontre de ce que la personne souhaite, dans lequel il y a violence physique et verbale, du sang et des pleurs. Toutefois, on oublie qu’un bris de consentement ou qu’un consentement invalide ressemble aussi à une personne qui se force à être dans le mood, à une personne qui acquiesce sous pression d’encouragements insistants ou à une personne qui n’est pas en pleine possession de ses moyens. 

Les refus et les limites peuvent avoir la vie dure lorsque des émotions sont en jeu. On peut même se décourager face aux contraintes qui émergent du respect du consentement. Toutefois, un refus n’est pas une invitation à insister ou à convaincre. Un refus est plutôt une invitation à négocier les alternatives qui rempliraient, eux, les critères du consentement. Si l’option A n’est pas possible, quelles autres options y a-t-il à disposition? Avons-nous explorer les options B, C, D, F, et elles ressembleraient à quoi? 

Le but du consentement est d’assurer l’intégrité et la dignité de son.sa partenaire et de soi-même, d’assurer la sécurité et le plaisir de tout le monde. Un consentement valide est une porte d’entrée vers un terrain de jeu dont les limites et les règles ont été établies, pour un plus grand plaisir.

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